Vendredi 20 juin 2008
Ils reconnaissaient des sihouettes, des postures. Les voix portent mal quand le vent se lève. Un attroupement singulier, à l'heure de la rapine, figeait la scène.
-Isma, Deli, je pensais que vous arriveriez plus tôt.
L'homme qui parlait était un géant longiligne du nom d'Adel. Teint doré, cheveux et barbe couleur sable, il se fondait dans le décors comme nul autre.
-C'est Isma. Comme d'hab, elle a toujours...
Au milieux du groupe, un homme grisonnant était prostré dans le sable. Trop vieux pour faire partie de leur groupe, il semblait inconsciant. Mais ses mains se craponnèrent aux souliers d'un jeune imberbe, et il se mît à genoux.
-Il était dans la navette. Mais là tempête se rapproche, et nous n'aurons pas le temps de le ramener. De toute manière, même s'il survivait au voyage, il est foutu.
-Il vient d'une autre ville..? Regarde ses vêtement, intacts, ils devraient être déchirés...
-J'ai pas le temps de tergiverser. J'ai une famille à nourir, et mon fils à ramener.
Adel connaissait son métier, et les dangers liés à son exercice. Aussi le groupe commençait déjà à se disperser. Le chemin était tracé, ils reviendraient plus nombreux quand le temps le leur permettrait.
-...ne partez pas...
Adel faisait demi-tour, et ne voulut pas entendre le blessé.
-Deli, attend, on peut pas le laisser.
-Isma, je veux pas crever aujourd'hui.
-Vous ne mourrez pas, si vous rester ici... J'ai à vous parler. Je vous en prie, portez moi derrière le muret, nous y serons à l'abris.
-Isma, on se bouge maintenant !
Mais Isma ne bougeait pas, persuadée que ce quelque chose qu'elle attendait depuis toujours était là et maintenant.
-Je m'appelle Damien, et je peux vous assurez que je suis venu jusqu'à vous pour de très bonnes raisons. Vous ne mourrez pas, car les tempêtes rabbattent leurs forces sur la ville. C'est un piège mortel, pensé pour tuer les évadés.
-Les évadés ? Nous ne sommes pas prisonniers...
-Si, Deli, nous sommes prisonniers. Aide-moi à le déplacer. Le sable soulève déjà le dos des dunes.
-Il y a 11 générations,les hommes ont fait de cet endroit un centre fermé pour les insurgés de la nouvelle ère. Vous êtes leurs descendant, et vous n'êtes pas ici par hasard, et le monde n'est pas en ruine. Tout ici a été conçu pour que le temps efface la déportation. Mais je sais qu'au fond de vous, vous savez... Je n'aurai pas le temps de vous en parler d'avantage, vous verrez de vos yeux, et il vous faudra apprendre. Mais je vous fais confiance
Deli et Isma se regardaient. Il y avait autre chose. Il y avait ailleurs. Il y avait mieux...
-Nous avons fait un monde à notre image, de l'autre-côté, alors qu'ici, le monde vous fait. Quotidiennement, vous devez vous adapter. Vous êtes merveilleux d'ingéniosité et de ressources. Alors que là-bas, la vivacité s'étouffe au seul profit du confort...
par Justine Bells publié dans : Txt, brouillon
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Vendredi 20 juin 2008
La tempête faisait rage, le bruit des grains de sable s'entrechoquant couvrait le son de sa voix. Isma se rapprocha. Ils étaient trois, agenouillés derrière le muret, giflés par le ressac, et la discussion tournait court.
-Pourquoi ne nous laissent-ils pas sortir, nous ne sommes en rien coupable !
-Le monde a changé. La majorité de sa population a oublié notre existence. Votre, notre place, est ici. L'homme est mort là-bas, seuls les enfants se rappellent encore la force du coeur, la joie d'un sourir, la fraîcheur d'une larme. Vous êtes les hommes, et ce monde vous appartient. Vous avez de la chance. Vous pouvez vous réjouir d'une retrouvaille, car vous savez la séparation, vos coeurs battent pour vivre, quand de l'autre côté les machines combattent la mort. Savez-vous ce qu'est l'immortalité ? Quand bien même le corps est anéanti, l'essence se trouve prise au piège, consultée à volonté. Ici l'homme connaît le repos. Mais il y a pire, et c'est pour cela que je me retrouve ici, face à vous. L'homme, en construisant un univers clos, ne laisse plus les âmes faire leur cycle. Les enfants qui naissent se trouvent ainsi pourvu d'esprits neufs. Bientôts, le monde sera peuplé de simples et naïfs. Et le malheur, c'est que d'autres esprits, bien moins naïfs et bien plus anciens, se réveillent, attendant simplement leur heure...
-Nous devons trouver un abris plus sûr, le sable va nous enterrer!
-Je ne pourrais pas vous suivre, à 30 km à l'est, vous trouverez un sas défectueux. La tempête ne vous tuera pas. Vous êtes protégé, prenez de l'eau et le chariot derrière la carlingue.
-Et vous, montez sur le chariot.
-J'ai fais ce que j'avais à faire. Je suis bien, ici.
-Isma, bouge-toi, on va finir noyé.

Le chariot disparaissait derrière les dunes. Au pied de la navette, derrière un muret, souriait un homme qui'avait pas d'âge. Il goûtait la vie pour la première fois.




par Justine Bells publié dans : Txt, brouillon
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Rien q'un monde

Petite caravane

  • justine-bells
  • : Des mots pour des images, et le silence quand j'y pense... Coups de coeur, coups de gueule, les histoires que je m'invente, celles que je raconte, des mots qui chantent, qui s'emmêlent, qui tentent de suivre ma tête...
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Welcome

"Elle (la souris) ferma ses petits yeux noirs et replaça sa tête en position. Le chat laissa reposer avec précaution ses canines acérées sur le cou mince, doux et gris. Les moustaches noires de la souris se mêlaient aux siennes. Il déroula sa queue touffue et la laissa traîner sur le trottoir.
Il venait, en chantant, onze petites filles aveugles de l'orphelinat de Jules l'Apostolique."
             Boris Vian- L'Ecume des Jours-LXVIII
Im-a-poor-lonesome.jpg




Fugaciennes pensives




et pourtant il aime
une morte et si belle
compagne de l'ombre


un fantôme
ce qu'on y dépose
chair ou poussière


gomme sucrée
les mots
effleurés


justine







 
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